Les mots entrent dans mes peintures.
Ils apparaissent sur le mur,
en écho aux formes de la toile.

 

Une fenêtre devient voix intérieure.
La bande blanche d’une serviette
devient matrice d’une pensée.

 

Ces installations réunissent peinture et écriture :
textes au mur, en lettrages adhésifs, kakémonos
ou fragments suspendus dans l’espace.

 Triptyque

SIESTE en TROIS TEMPS (30 x 90)

L’été, c’est une performance.

Lire, profiter, relâcher … Moi, mon corps se crispe.

Je m’enfonce dans le sable. Bouger, c’est s’exposer.

Même pas lu une ligne.

Le sable gratte chaque bout de ma peau.

Mon ventre chauffe, ma tête pèse.

J’ai porté trop de choses, trop de gens, trop longtemps.

Je continue, comme d’habitude.

Jambes allongées, peau offerte au soleil.

La nonchalance obligatoire de l’été.

Faire semblant que tout va bien.

En vrai, je voudrais juste disparaître dans l’ombre du chapeau.

 

`Triptyque PASSAGERS (50 x 100)

PASSAGERS réunit neuf figures issues de mes tableaux précédents dans un seul train mental.
Chaque fenêtre devient un cadre fermé, une vignette intérieure, un fragment de conscience en déplacement.

L’installation est pensée pour un espace de circulation :
les textes sont placés au-dessus des toiles comme des voix suspendues, tandis que les personnages restent enfermés dans leurs fenêtres silencieuses.

Les passagers ne se parlent presque pas.
Ils ruminent, fantasment, s’épuisent, comptent les morts, cherchent le calme, le désir ou une sortie.
Le train avance, mais chacun reste seul avec son bruit intérieur.

Trois places vides traversent l’installation.
Des absences, des respirations, des trous dans le récit.

PASSAGERS explore ce qui ne se voit pas immédiatement :
les pensées qui tournent sous les visages calmes, la fatigue mentale, les dialogues intérieurs permanents, la difficulté d’être simplement présent au monde.

Je travaille ici la tension entre surface lisse et débordement intérieur :
des aplats contenus, des compositions silencieuses, et au-dessus, des voix qui fissurent doucement l’image.

 

CHAMBRE AVEC VUE (100 x 100)

Une fenêtre, un corps immobile, un temps ralenti.

CHAMBRE AVEC VUE est née pendant une période où le corps n’était plus fiable.
Le quotidien se réduisait à observer la lumière, fractionner les gestes, attendre que les heures passent.

Le texte agit comme une voix intérieure suspendue au-dessus de l’image :
ce que le corps ne montre pas mais traverse silencieusement.

 

SORORITÉ (60 x 60)

Deux corps côte à côte face à l’eau.
Une apparente simplicité.

Mais sous le calme, il y a tout ce qui tient encore debout grâce à l’autre :
les nuits traversées, les peurs tues, les fatigues portées ensemble.

SORORITÉ parle de cette solidarité discrète entre femmes.
Une manière de rester à flot sans avoir besoin de tout expliquer.

 

Triptyque

La SeptièmeTout est pleinPluie vaseuse (60 x 60)

Trois états d’un même déplacement.

Je viens d’une peinture de l’aplat.
Des surfaces contenues, presque immobiles.

Peu à peu, la matière a débordé.
Elle a quitté les contours propres.
Elle a coulé, sali, laissé des traces.

Le lin brut a changé ma manière de peindre.
Je ne cherche plus à couvrir toute la surface mais à laisser respirer le vide.

Le corps n’est plus seulement dessiné.
Il devient traversé par ce qui l’atteint.

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